Marathon de la Parole: 2020 - heure 43 De Corinthiens I 8,1 à Corinthiens I 15,58
Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...
Lecteur: 1
Bible des peuples : N’avons-nous pas le droit de manger ? Paul demande aux Corinthiens de ne pas toujours user de leur droit de manger des viandes sacrifiées aux idoles, et il se donne lui-même en exemple. Il montre comment il a renoncé à son droit d’être rétribué par l’Église. Normalement la communauté nourrissait l’apôtre qui lui rendait visite, et s’occupait aussi de la femme-sœur qui l’accompagnait et le servait (5), comme ç’avait été le cas pour Jésus ( Luc 8.2). Paul ne demandait pas cette aide et vivait de son propre travail ( Actes 18.3).;
Lecteur: 3
Bible des peuples : Est-il important qu’une femme garde son voile lorsqu’elle dirige la prière ? Paul répond à une question des responsables : les anciens sont des hommes et les femmes charismatiques leur font la compétence (voir 14.32-35 qu’ils ont peut-être inséré après coup). Paul ne veut pas éteindre l’Esprit ( 1Thessaloniciens 5.19), mais pour lui l’autorité, même prophétique, que le charisme donne à une sœur ne la dispense en rien de la soumission qui convient aux femmes et que le voile symbolise. Paul laisse parler sa culture juive, très masculine (même dans la Bible, voir Qohélet 7.28 et Siracide 25), et il répète les arguments des maîtres juifs (5-10), difficilement compréhensibles pour nous, qui font allusion à Genèse 6.2. Mais tout à coup il s’aperçoit qu’il est en train de nier l’égalité proclamée par Jésus, et il essaye de revenir en arrière (11.12). À voir la manière dont Paul termine, il devait se rendre compte du peu de force de son raisonnement. Croyait-il vraiment que les anges, chargés de l’ordre dans le monde, seraient choqués de voir la libération des femmes (10) ? Cependant, ne méprisons pas ces traits de lumière que Paul nous jette : les anges participent au culte chrétien ( Matthieu 18.10 et Apocalypse 5.8 ; 8.3) ; même notre tenue extérieure est à sa façon une participation active au culte eucharistique.;
Lecteur: 4
Bible des peuples : Remarquons l’ordre que suit Paul : l’Esprit vient après le Verbe-Fils. Les dons spirituels distribués aujourd’hui sont les fruits du mystère de mort et résurrection que Jésus a vécu. Dans l’Église de Corinthe, le Saint Esprit révèle sa présence par les dons spirituels qu’il communique aux croyants. Tous s’émerveillent lorsque l’un d’eux, saisi par l’Esprit, se met à louer Dieu avec des paroles que personne ne comprend. Mais ils ressentent davantage la présence de Dieu quand un prophète dévoile à l’un d’entre eux ce qui se passe en lui, ou quand il communique un message particulier de Dieu pour tel ou tel, ou pour la communauté. Paul intervient de deux manières : d’abord pour mettre de l’ordre. Dans l’exaltation frénétique de leurs fêtes, les païens perdaient la maîtrise d’eux-mêmes ; le Saint Esprit au contraire nous rend plus responsables. Quand un exalté en arrivait à dire des choses insensées ou choquantes, c’était bien la preuve qu’il n’était pas inspiré. Paul montre différents aspects des dons de l’Esprit (on les appelle aussi charismes) : Ce sont des dons : c’est évident s’il s’agit d’opérer des miracles. Mais ce sont aussi des ministères, ou services, comme c’est le cas pour la direction de la communauté. Enfin ce sont des œuvres de Dieu. Si Paul disait seulement que ces ministères proviennent du Christ, on pourrait penser que tout dans l’Église passe par ceux qui dirigent au nom du Christ et qui sont parfois considérés comme ses “vicaires”. Mais ces dons et ces ministères sont tout autant l’œuvre de l’Esprit. L’Esprit souffle où il veut ; il multiplie ses dons et ses inspirations parmi les simples fidèles et il renouvelle l’Église sans trop tenir compte des opinions et des projets de la hiérarchie. La mission des ministres (évêques, prêtres ou laïcs) n’est pas seulement de diriger, mais aussi de discerner l’action de l’Esprit dans les personnes et dans la communauté.;
Lecteur: 6
Bible des peuples : Il semble que les assemblées des Corinthiens manquaient un peu d’ordre. On devait prendre la parole sans la demander, même les femmes… et Paul les invite à se taire. Ceux qui avaient des dons spectaculaires se croyaient supérieurs aux autres et ne respectaient pas l’ordre le plus élémentaire. Certains voulaient passer pour des croyants inspirés et faisaient ou disaient des choses étranges, parfois même scandaleuses. Paul rétablit l’ordre. Il compare l’Église, ou la communauté, à un bâtiment qui se construit, et il donne la priorité à ce qui “édifie”. Construire, c’est agir de sorte que les autres deviennent meilleurs et qu’ils soient plus unis. Ce qui est le plus efficace, c’est la charité, et non pas les miracles ou le parler en langues. C’est pourquoi Paul vient de souligner que la charité est le don suprême. Les actions extraordinaires ne signifient pas nécessairement la sainteté ; Dieu peut se servir de n’importe qui, pécheurs, non-chrétiens, pour le bien de ses enfants. La vérité d’un groupe religieux ne repose pas sur le fait que ses prédicateurs guérissent les malades, remplissent des stades ou émerveillent les foules. Sa vérité dépend de sa fidélité à l’enseignement des apôtres tel que nous le trouvons dans l’Église.;
Lecteur: 7
Bible des peuples : Avons-nous ici la réponse à une dernière question des chrétiens de Corinthe ? Bien des Grecs pensaient qu’à la mort l’âme immortelle quitte le corps et reste seule, peut-être admise au paradis des âmes, peut-être retournant au grand réservoir des âmes passées ou à revenir, oubliant tout son passé vécu sur terre. D’autres disaient (comme bon nombre de chrétiens aujourd’hui), que tout finit avec la mort : voir 1Thessaloniciens 4.13. Paul va donc rappeler que la foi en la résurrection est au cœur du message chrétien. Je vous rappelle l’Évangile. C’est bien ici qu’il faut parler de Bonne Nouvelle, car l’inconnu de la mort est et a toujours été le grand fardeau de la vie humaine ( Siracide 40.1). ;