Marathon de la Parole: 2020 - heure 41
De Romains 5,1 à Romains 13,14


Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...


Lecteur: 1



Bible des peuples : Deuxième partie (5.1—8.39) Nous sommes engagés dans une lutte victorieuse entre mort et vie. Dans ce paragraphe, Paul s’appuie sur sa propre expérience pour nous aider à découvrir ce qui change dans notre vie à partir du moment où, grâce à la foi, l’ordre vrai (la “justice”) a été rétabli en nous.;



Lecteur: 3



Bible des peuples : Le précédent chapitre montrait comment le Christ nous libère et devient notre seul maître. Les chrétiens d’origine juive pouvaient alors se demander : Et la loi de l’Ancienne Alliance, est-elle sans valeur ? N’était-ce pas Dieu qui l’avait ordonnée ?;



Lecteur: 4



Bible des peuples : Après avoir longuement montré les limitations d’une loi religieuse, en réalité, de toute religion qui met en valeur l’observance de pratiques, Paul va nous parler de la vie dans l’Esprit. Car pour lui la vie chrétienne est d’abord cela. Il semblerait que tout ce qui suit est une longue discussion théologique : c’en est une, bien sûr, et Paul continue d’argumenter comme il a appris à le faire dans les écoles rabbiniques. Mais si nous y regardons de près, ce n’est pas le développement d’une thèse : Paul part d’une expérience spirituelle, la sienne. Un chrétien ne croit pas avoir reçu l’Esprit de Dieu simplement parce qu’on lui dit que la confirmation lui a donné l’Esprit. Si dans la vie chrétienne il y a une expérience caractéristique, c’est bien celle de l’Esprit de Dieu agissant en nous. Nous devrons toujours être en garde contre la tentation de vouloir sentir les choses de Dieu au lieu de croire à sa parole : cela n’empêchera pas qu’il y ait une expérience chrétienne. Voir commentaire d’Actes 21.5. Paul, pour sa part, sait ce qu’est une vie conduite en permanence par l’Esprit : il a échappé à la situation du pécheur divisé entre sa conscience et ses mauvaises habitudes, il s’est unifié dans la disponibilité à Dieu. Il parlera donc sans hésiter d’une totale transformation de ceux qui croient au Christ, même si par la suite il reconnaît que la chose est peut-être en train de se faire plus qu’elle n’est déjà faite.;



Lecteur: 6



Bible des peuples : Les trois chapitres qui suivent sont parfois considérés comme un excursus. Ce thème du salut d’Israël n’a pas été annoncé, et lorsqu’il se termine à la fin du chapitre 11, on revient apparemment là où on était resté au chapitre 8. Qu’on veuille bien se reporter au plan de la lettre proposé dans l’Introduction. Après les deux sections consacrées à la foi qui sauve et à l’amour don de l’esprit, nous avons ici l’espérance du salut pour tous. Et par ailleurs ces trois chapitres approfondissent le mystère du salut universel évoqué à la fin du chapitre 8. En situant les uns par rapport aux autres Juifs et non Juifs, Paul prépare ce qu’il dira sur les efforts d’acceptation mutuelle au chapitre 14. Ce fait est tellement important dans les circonstances et au moment où Paul écrit, qu’il justifie un développement particulier, et ce sont les chapitres 9—11.;



Lecteur: 7



Bible des peuples : Paul continue de développer le même thème de l’incrédulité d’Israël en se servant de la méthode de discussion des Juifs de son temps. On notera comment il distingue dans la Bible diverses lignes de pensée. C’est bien vrai qu’une grande partie des textes de l’Ancien Testament semblent ne connaître que la fidélité à mettre en pratique les commandements, mais d’autres textes mettaient déjà en valeur la gratuité du don de Dieu. Il nous montre une fois de plus qu’il n’y a pas “une” religion de la Bible et qu’il ne suffit pas de prendre au pied de la lettre tout ce qu’on y lit (ce qu’on appelle “fondamentalisme”). La Bible nous donne une suite de témoignages où nous reconnaissons un chemin, et une pédagogie de Dieu. Au long des siècles et dans des cultures différentes, juive puis grecque, il achemine son peuple vers la pleine vérité.;



Lecteur: 9



Bible des peuples : Quatrième partie (12.1-15.13) Les exigences de l’offrande spirituelle et de l’amour fraternel. Paul commence ici la seconde partie de sa lettre : comme dans les autres lettres, elle veut être plus pratique que la première. Offrez à Dieu votre propre personne. Ce n’est pas seulement le dimanche qui appartient à Dieu, même si l’eucharistie hebdomadaire est essentielle à la vie chrétienne. Et ce ne sont pas seulement des devoirs précis qu’il nous faut accomplir : Dieu veut tout ce qui jaillit de notre personne. Ne vous laissez pas façonner par ce monde. Nous sommes envahis par les propagandes, les modes, les chansons, sans compter le poids de toutes nos chères vieilles habitudes. C’est tout cela le monde, qui nous enserre dans ses logiques et ses prétendues nécessités. Et nous qui devions être libres pour que le cœur ne soit qu’à Dieu ! Toujours on s’habitue à ce que tout le monde fait, et plus encore au doux esclavage de l’argent. Sans être agressif ni pessimiste, le chrétien ne pourra que contester ce monde.;



Lecteur: 10



Bible des peuples : Dans le monde où vivait Paul, beaucoup cherchaient dans la religion une évasion de leurs tâches familiales et de leurs devoirs sociaux (voir 2Thessaloniciens 3.6-12). Paul insiste sur l’aspect “mystique” de la vie chrétienne, mais il ne veut absolument pas d’une telle évasion, si contraire à toute sa formation biblique. Il va donc insister sur l’obéissance civique, dans le contexte d’une société qui était fort loin de nos actuelles démocraties. Ce texte a été défiguré dans le passé par les régimes autoritaires qui, ayant imposé leur loi par la violence, voulaient ensuite être obéis comme s’ils étaient les serviteurs obligés de Dieu et du bien public. Il est encore défiguré aujourd’hui en bien des pays, colonies inavouées de grands pays impérialistes ; des services omnipotents se chargent d’y envoyer des prédicateurs qui inviteront les chrétiens à se taire devant l’injustice et le pillage économique, prenant argument de ce paragraphe. Il est bien vrai qu’en un sens ceux qui ont une charge sont des agents de Dieu et tiennent de lui leur autorité. Mais n’est-il pas dit aussi dans la Bible que le diable donne le pouvoir à ceux qui le servent (Luc 4.5-7 ; Apocalypse 13.6-9 ; Jean 12.31 et 14.30) ? Paul et ses lecteurs vivaient dans un monde où presque personne ne mettait en doute la légitimité de l’autorité romaine. Et comme il n’existe, ni bien commun, ni paix, sans autorité et obéissance, Paul déclare que l’obéissance aux autorités établies vient de Dieu. Quand il parle de ceux qui résistent à l’autorité, il pense à ceux qui veulent imposer leurs intérêts ou l’intérêt du groupe. Ce qu’il refuse, c’est une attitude asociale, un point que rappelleront 1Pierre 2.13 et Tite 3.1 lorsque les chrétiens commenceront d’éveiller la méfiance des autorités. Personne ne peut utiliser ces paroles pour condamner ceux qui résistent par motif de conscience. De toute façon, le chrétien ne soumet sa conscience qu’au Christ. Quand les autorités exigent quelque chose qui va contre la vérité et la justice, les chrétiens résistent comme leur conscience le leur suggère, prêts à endurer la répression prévue par les lois humaines et même prêts à donner leur vie. La plupart des martyrs que l’Église honore aujourd’hui ont été condamnés à leur époque comme subversifs et ennemis de l’ordre social.;