Marathon de la Parole: 2020 - heure 40 De Actes des apôtres 26,1 à Romains 4,25
Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...
Lecteur: 1
Bible des peuples : Pour Paul et son discours, ce n’est sûrement pas l’auditoire idéal. Il y a là un roi sans pouvoir, Agrippa, à qui le gouverneur romain, la véritable autorité, a voulu offrir une diversion. Festus a bien du mal à entrer dans le conflit qui oppose Paul au Sanhédrin et il espère qu’Agrippa, Juif et descendant d’Hérode, l’aidera à y comprendre quelque chose. Est là également la fameuse Bérénice, sœur d’Agrippa, qui est sa concubine avant d’aller faire d’autres conquêtes ; et puis tous ceux qui sont venus prendre un moment de détente avant le cocktail, y compris les officiers romains peu préparés pour ce genre de choses. Voici donc un troisième récit de la conversion de Paul (voir Actes 9,22). Cette fois Paul situe sa conversion dans la tradition religieuse du peuple juif : elle n’a rien qui doive surprendre, elle met seulement en lumière ce que Dieu depuis longtemps promettait à son peuple : la résurrection des morts. Je parlais de se convertir (20). C’est ce que disaient déjà les prophètes. Il ne suffisait pas de se proclamer Juif, il fallait se remettre en cause. Et Paul, ici, peut se permettre d’insister devant cet auditoire qui ne brille pas par ses vertus morales, sauf sans doute le Romain Festus. Le Messie devait ressusciter (23). Voici de nouveau le point décisif. Déjà Festus l’avait compris en écoutant Paul ( 25.19). On sait que même des Chrétiens ne croient pas à la résurrection des morts, peut-être parce qu’ils la comprennent mal, peut-être aussi parce que cela choque notre culture moderne. Recevoir le Christ, c’est renoncer au totalitarisme de la raison. Elle est chez elle dans la démarche scientifique, mais elle est myope face aux vérités essentielles. Tant qu’on n’a pas cru en la résurrection, on peut avoir une culture religieuse, mais on n’a pas fait le saut de la foi. Et même si la devise de Saint Anselme nous choque, elle est vraie : “Croire pour comprendre”. Paul pense moins à se défendre qu’à convaincre son auditoire : il sait qu’il doit témoigner “devant les peuples et leurs rois”. Et pour que la Nouvelle coure, il n’est pas nécessaire que les rois se soient convertis.;
Lecteur: 2
Bible des peuples : Paul est emmené à Rome avec un groupe de détenus. Nous n’aurons pas de mal à imaginer que même si l’officier lui témoigne beaucoup de bienveillance, sa situation n’est pas de tout confort. Cet officier a son autorité propre à côté de celle du commandant du bateau : les soldats savent que si un prisonnier s’échappe, son gardien sera exécuté (voir 12.19 et 27.42). Ce récit est un document fort intéressant sur la navigation en Méditerranée à cette époque. Luc a noté bien des détails : quel contraste avec le récit de la tempête de Jonas, écrit sans doute par quelqu’un qui n’était jamais allé en mer. On voit que Paul connaissait bien ce genre de voyages : dans 2Corinthiens 11.25, il dit avoir fait naufrage trois fois. La force d’âme de Paul domine le récit de la tempête : Paul sait qu’il rendra témoignage devant le tribunal de l’empereur.;
Lecteur: 3
Bible des peuples : Paul a failli périr en mer ; en abordant au rivage, il a failli se faire saigner sans plus par ses gardiens ; et puis c’est l’épisode de la vipère : voir les promesses de Jésus dans Marc 16.17-18. Remarquer le premier geste de Paul en arrivant sur une terre où l’Évangile n’est pas encore parvenu : il va guérir les malades au nom du Christ. Nous le verrions bien faire la même chose dans nos quartiers périphériques où l’Église semble n’avoir pas encore débarqué.;
Lecteur: 5
Bible des peuples : LA LETTRE AUX ROMAINS La lettre aux Romains est dans sa majeure partie un large exposé sur la vocation chrétienne. Elle nous semblera certainement difficile, car elle l’est de fait. Nous y trouverons des discussions et une utilisation des textes bibliques qui nous déconcertera souvent, car Paul discute comme il a appris à le faire dans les écoles de rabbins de Jérusalem. Mais il faudra se rappeler que Paul ne part pas d’un système doctrinal, d’une théologie : il part constamment de sa propre expérience. La rencontre du Christ ressuscité, la conversion dramatique qui le met au service de l’Évangile, et ensuite la longue expérience de sa vie d’apôtre et des dons de l’Esprit agissant en lui, la communion constante avec Jésus, le Seigneur, ce sont là les bases de sa vision de la foi. Paul va donc parler du salut de Dieu, comme oubliant le contexte explosif de la Palestine où le nationalisme juif est aux prises avec les Romains et où toutes les espérances religieuses sont politisées. Le salut de Dieu, c’est le salut de la race humaine comme un tout, mais il se joue au cœur des personnes ; tout dépendra de notre réponse à un appel de Dieu : saurons-nous lui faire confiance ? Paul, marqué par sa propre histoire, présente l’arrivée à la foi comme une conversion plus ou moins dramatique. L’homme est esclave du Péché (il faudra voir ce que Paul entend par là) ; nous voudrions nous libérer, mais il nous manque la clef pour nous comprendre : nous sommes créés pour partager la vie de Dieu, et tant que nous n’y parvenons pas, nous portons en nous une rébellion consciente ou inconsciente contre Dieu. Faut-il se tourner vers la religion ? On y gagnera bien peu, dit Paul, avec une insistance qui choquera beaucoup de personnes : tant qu’on croit devenir “bien” par ses pratiques religieuses, on tourne le dos à la seule force qui peut nous libérer : l’amour miséricordieux de Dieu. Mais voici que Dieu nous tend la main et nous enseigne à aimer. Jésus vient à nous et nous le crucifions, et c’est alors que Dieu nous montre comment il nous aime et nous pardonne. Il n’attend d’autre réponse que notre acte de foi, une foi qui d’un seul coup nous libère. Ce salut, c’est celui que toute la bible annonçait, mais il déconcerte tous ceux qui, dans la religion juive, en étaient restés aux pratiques. Celles-ci appartiennent à une étape de l’histoire humaine à laquelle la mort de Jésus a mis fin. Notre baptême nous fait entrer dans un monde mystérieux qui n’est pas autre que le Christ ressuscité : désormais nous sommes “dans le Christ”, et vivant de son Esprit. Le don de l’Esprit ouvre une ère nouvelle où tout sera à inventer, selon les lois de l’amour, pour ceux qui sont devenus vrais fils et filles de Dieu. Paul alors revient sur le problème du peuple juif : que penser de toute cette histoire d’Israël à qui Dieu promet un sauveur, et qui finalement ne le reconnaît pas ? Paul montrera qu’il ne faut pas mélanger deux questions : l’appel d’un peuple à qui Dieu confie un rôle particulier dans l’histoire, et l’appel des personnes qui appartiennent à ce peuple. Pour chacun la foi au Christ sera le résultat d’un appel gratuit de Dieu. Paul a envoyé cette lettre en 57 ou 58, probablement de Corinthe. Jusque là, il s’adressait à des communautés qu’il connaissait et dont il savait les difficultés. Cette fois ce n’est pas le cas ; à la fin de son exposé, il parlera de façon assez générale de la vie chrétienne, et tout spécialement de la façon de s’accepter les uns les autres entre personnes d’origines très diverses. À Rome, comme ailleurs, ce n’était pas si simple de réunir en une même communauté Juifs et païens convertis. Paul déjà leur prêche ce que nous-mêmes n’arrivons pas à mettre en pratique : s’accepter différents.;
Lecteur: 8
Bible des peuples : Dans ce chapitre, Paul ne cherche pas simplement à illustrer ce qu’il vient de dire. Même s’il part d’une certitude intime née de sa propre rencontre avec le Christ Dieu sur le chemin de Damas, il ne saurait enseigner une doctrine qui ne soit pas profondément enracinée dans la révélation antérieure. Il lui faut donc montrer que tout au long de l’Écriture courent des fils différents dont l’un est la foi. Et même si une masse de textes semblent présenter l’observation de la Loi comme le chemin qui nous fait justes, même si l’on parle très habituellement du mérite de nos bonnes actions et de la justice de Dieu qui récompense le bien et punit le mal, il y a des faits et des textes qui parlent un autre langage. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient nombreux, il suffit qu’ils soient décisifs.;