Marathon de la Parole: 2020 - heure 37 De Actes des apôtres 9,1 à Actes des apôtres 13,52
Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...
Lecteur: 1
Bible des peuples : C’est un événement décisif pour l’Église naissante. Le Christ vient personnellement conquérir le persécuteur le plus acharné des chrétiens ( Galates 1.13 ; Actes 22.4-5 ; 22.19 ; 26.9-11). Ce serait une erreur de présenter Paul comme un méchant homme qui trouve finalement le bon chemin. Comme nous le voyons dans Actes 22.3-4 ; Galates 1.14 et Philippiens 3.4-11, dès sa jeunesse, Paul éprouve le besoin de se consacrer au service de Dieu. C’est pour cela qu’il va à Jérusalem pour étudier la Loi, c’est-à-dire la religion, avec les meilleurs maîtres de l’époque. C’est à ce jeune homme digne de confiance que les Juifs avaient confié la tâche difficile d’éliminer de leurs communautés la nouvelle doctrine suspecte des chrétiens. Paul est chargé de la répression des disciples du Christ ; il le fait sévèrement, pour le bien de sa religion. Pourquoi me persécutes-tu ? Qui est ce Seigneur qui m’appelle persécuteur alors que ma seule ambition est de servir Dieu ? Jusqu’à cet instant, Paul se sentait bien, comme le pharisien de la parabole ( Luc 18.9), il remerciait Dieu d’avoir fait de lui un croyant digne et actif dans sa communauté. Maintenant, dans la lumière du Christ, il découvre que ses mérites et ses services sont sans valeur pour Dieu ; sa foi n’est que fanatisme ; son assurance de croyant dissimule mal son orgueil. Paul se voit pécheur, violent et rebelle, mais en même temps il comprend que Dieu l’accueille, le choisit et lui pardonne : cet homme sera mon instrument de choix (15). Paul n’est plus le pharisien de la parabole : il vient de se mettre à la place du publicain. “Mon Dieu, prends pitié de moi qui suis un pécheur !” C’est la vraie conversion chrétienne. Désormais, Saul (qui prendra le nom de Paul) sera un instrument de choix pour le Christ : il étendra l’Église aux autres pays. Jusqu’alors, l’Église était restée en milieu juif, composée de Juifs, dirigée par des Juifs. Paul aussi était Juif, mais il avait été formé à l’étranger. Il possédait la culture grecque ainsi que celle de sa propre race. C’est à cause de cela et de sa personnalité exceptionnelle qu’il allait être l’apôtre des Grecs. L’Église doit constamment se renouveler, porter l’Évangile à de nouveaux peuples, à de nouveaux milieux. Aux moments importants de l’histoire, le Christ appelle des hommes dont l’Église a besoin : François d’Assise, et plus proche de nous, Jean XXIII. Le Chemin : ainsi s’appelait le christianisme. On ne le voyait pas comme une nouvelle religion, mais plutôt comme une nouvelle manière de vivre éclairée par l’espérance. On s’étonne parfois du caractère subit de la conversion de Paul, et l’on oublie que Dieu, dans sa sagesse, avait déjà préparé le terrain pour que soit accueillie cette grâce : Paul avait étudié “aux pieds de Gamaliel” ( Actes 22.3), un des plus grands rabbins de l’époque, connu pour son ouverture d’esprit (Actes 5.35-39) ; Paul avait en outre participé à l’exécution d’Étienne ( Actes 7.58) et il avait été témoin, là, de la foi bouleversante et de la charité sans limites du premier martyr (Actes 7.59-60).;
Lecteur: 2
Bible des peuples : L’épisode de la conversion de Corneille marque un nouveau tournant dans la vie de la jeune Église. Le lieu est riche de signification : bâtie sur la côte de Palestine, regardant vers la Méditerranée et vers Rome, la ville de Césarée-sur-Mer était depuis près de 35 ans la capitale romaine de la province de Judée. Comme un promeneur qui s’avance jusqu’à la côte, Pierre, en arrivant à Césarée, n’avait le choix qu’entre deux solutions : ou bien rebrousser chemin et enfermer l’Église dans les limites étroites de la Palestine juive, ou bien, avec l’Église, plonger dans cette mer qui s’ouvrait devant lui et se laisser porter jusqu’à Rome, la capitale païenne, “la nouvelle Babylone”, incarnant tout le péché du monde ( Apocalypse 17.5). C’est ce dernier parti que va prendre l’Esprit Saint : il viendra sur ces païens réunis autour de Corneille, et Pierre se verra contraint de les baptiser (Actes 11.15-17). Corneille est un Adorateur de Dieu comme l’Éthiopien de 8.27, c’est-à-dire un étranger qui croit au Dieu unique des Juifs.;
Lecteur: 4
Bible des peuples : Que Pierre soit allé baptiser un non-Juif nous semble à nous la chose la plus normale du monde. Mais n’oublions pas que les Chrétiens de Jérusalem restaient des Juifs, avec toute leur éducation, leurs préjugés et leur sensibilité. Ils ne voyaient pas comment on pouvait entrer dans la famille de Jésus sans d’abord s’intégrer au peuple de Dieu qui pour eux restait le peuple juif. Pouvait-on devenir leur frère sans avoir d’abord reçu la circoncision ? L’avertissement qu’ils donnent à Pierre est le premier témoignage de la pression constante que les Chrétiens de longue date vont exercer sur leurs prêtres et leurs évêques tout au long de l’histoire. Toutes les fois que quelqu’un voudra ouvrir notre Église à des gens d’un autre milieu ou d’une autre culture, un parti puissant voudra qu’on n’accepte que ceux qui voudront bien être chrétiens de la façon dont nous le sommes nous-mêmes. Ces croyants de Jérusalem n’agissent pas de mauvaise foi et ils acceptent les explications de Pierre. Mais comme lui les dirigeants de l’Église auront besoin de courage pour répondre aux invitations de l’Esprit Saint, face aux préjugés du groupe.;
Lecteur: 6
Bible des peuples : Cette seconde persécution atteint toute la communauté chrétienne de Jérusalem (voir Actes 8.1). Jacques (le Majeur) était, avec Pierre et Jean, un des intimes de Jésus ( Luc 9.28). La seconde libération de Pierre (voir Actes 5.19), souligne la puissante intercession de l’Église pour son chef et la volonté du Christ de mettre son Église à l’abri du pouvoir du mal (voir Matthieu 16.18).;