Marathon de la Parole: 2020 - heure 30
De Ezekiel 34,1 à Ezekiel 40,49


Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...


Lecteur: 1



Bible des peuples : Le Seigneur Yahvé rassemble son troupeau dispersé. Cette longue comparaison où Yahvé promet d’agir comme le pasteur de son troupeau, comprend deux parties : — une révolution, — un jugement. Parle de ma part contre les pasteurs d’Israël. Yahvé annonce ici un changement radical dans la vie sociale d’Israël : il va remplacer tous les pasteurs. L’expression “pasteur” désignait alors en premier lieu les autorités civiles : le roi, les magistrats et les juges.;



Lecteur: 2



Bible des peuples : La prise de Jérusalem n’avait pas été la dernière humiliation des Juifs. Après le départ des conquérants en 587, le petit pays d’Édom avait voulu profiter de la situation et s’emparer des territoires de Juda et Israël : les deux nations.;



Lecteur: 4



Bible des peuples : Nos os sont desséchés. Ces ossements desséchés et dispersés représentent les Israélites exilés et dispersés. Pendant de nombreuses années ils n’ont pas voulu voir qu’ils allaient à la ruine, puis la politique a été un vrai suicide, comme Jérémie et Ézékiel l’affirmaient sans être entendus. Maintenant que les rêves humains se sont écroulés, Dieu peut de nouveau construire : il envoie son esprit qui fait revivre les morts. L’Évangile nous parle d’une résurrection des personnes, mais Dieu travaille aussi dans l’histoire, et il sait ressusciter son peuple.;



Lecteur: 6



Bible des peuples : Les chapitres 38 et 39 annoncent, qu’après la restauration du peuple d’Israël en Palestine, une ligue de nations unies se lèvera contre lui. Les noms de Gog et Magog évoquent des pays situés plus au nord ; une victoire miraculeuse est promise. Si nous laissons de côté la fin du chapitre 39 (17-29), il est presque certain qu’Ézékiel n’est pas l’auteur de ces pages et qu’elles n’ont rien à voir avec sa mission ; elles ont été insérées dans son livre à l’époque des Maccabées. Comme ce qu’on appelle les “prophéties de Daniel”, il s’agit là d’une littérature d’un type spécial, la littérature “apocalyptique” qui plaisait beaucoup aux Juifs des deux derniers siècles avant le Christ, et dans les premières années qui l’ont suivi (voir l’introduction de Daniel). Cette description voilée des invasions syriennes du temps des Maccabées est attribuée à Ézékiel, mais en fait l’auteur est un contemporain de ces guerres. Il parle d’une intervention de Dieu pour écraser les persécuteurs syriens. La littérature apocalyptique emploie des images d’allure mystérieuse, elle aime les exagérations, annonce des interventions divines spectaculaires. Ce style compliqué a toujours attiré les personnes qui n’ont guère de formation critique et historique : à chaque génération elles y cherchent une prophétie bien ancienne, et qu’elles tiennent pour certaine, qui parlerait justement de leur époque. Il y aura toujours des détails qui, avec quelques efforts, pourront s’appliquer aux avions, aux chars d’assaut, à la guerre chimique… chacun y trouvera facilement la confirmation de ses rêves. Les textes de ce genre que l’on trouve dans la Bible veulent nous dire que l’histoire du monde finira par l’opposition de ceux qui acceptent l’offre de Dieu et de ceux qui la rejettent. Le royaume de Dieu ne sera pas ce monde que nous bâtissons, bien que nous devions le bâtir pour préparer le monde nouveau et définitif que Dieu donnera à sa manière. Cependant, attendre que Dieu fasse tout serait une illusion dans laquelle tombent bien des croyants pessimistes qui croient que le mal est toujours le plus fort. Et ce n’est pas davantage une solution que de s’accrocher à des “révélations” annonçant châtiments et catastrophes : c’est ainsi que certains se voient avec leur secte comme le petit groupe des sauvés, et vivent en tournant le dos à la vie réelle.;



Lecteur: 8



Bible des peuples : La vingt-cinquième année de son exil (en 571), Ézékiel a une vision qu’il présente dans les chapitres 40—48. C’est une vision idéale, on pourrait dire : une description utopique, de ce que sera le nouvel Israël. La Gloire de Yahvé (voir Ézékiel 1.4) revient de Babylone à Jérusalem où elle prend possession du nouveau Temple. Une source s’est ouverte sous le Temple et les eaux vont s’accroissant, rendant la terre fertile : c’est le signe de toutes sortes de bienfaits que la présence de Yahvé procure à son peuple. Le pays est de nouveau divisé en douze tribus, ce qui reconstitue l’ancienne structure du peuple d’Israël (c’est pour la même raison que Jésus voudra douze apôtres). Par cette vision, Ézékiel affirme à ses compatriotes que le peuple reviendra à la vie et que sa mission sera essentiellement religieuse puisque la vie de la nation sera centrée autour du Temple. Ces chapitres nous fatigueront sans doute avec l’accumulation des détails concernant le culte : ils veulent montrer que la nation ne se relèvera pas sans se donner à une mission exigeante. De fait, après l’Exil, les Juifs ont réorganisé leur communauté autour du Temple et de leurs prêtres, convaincus que le culte parfait et l’observance de la Loi amèneraient inévitablement le royaume de Dieu (voir Esdras et Néhémie).;