Marathon de la Parole: 2020 - heure 25
De Isaie 61,1 à Ezekiel 4,17


Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...


Lecteur: 1



Bible des peuples : Le prophète rappelle la mission qu’il a reçue de Dieu, mission analogue à celle de l’auteur du Livre de la Consolation (Isaïe 40). Il annoncera aux pionniers juifs de retour à Jérusalem que Dieu bénit leurs efforts. Les ruines seront reconstruites ; leurs frères reviendront nombreux des pays étrangers ; ceux qui doutent ou sont découragés doivent persévérer car Dieu bientôt va visiter son peuple. Un jour où Jésus parlait dans la synagogue de Nazareth, il a lu ce texte et l’a commenté : “Cette Écriture s’accomplit aujourd’hui” (Luc 4.16). Et ceux qui l’écoutaient disaient : “Dieu a visité son peuple”. Et pourtant, nous qui venons après lui, nous demandons : Si le Christ a apporté le salut de Dieu il y a vingt siècles, comment se fait-il que tant d’hommes attendent encore la Bonne Nouvelle de leur libération ? C’est que l’évangile est une graine, et la résurrection n’entraîne pas la transformation immédiate du monde. Si le peuple juif a connu quinze siècles de recherches et d’épreuves avant la venue de son sauveur, comment les autres peuples obtiendraient-ils la paix finale du Royaume de Dieu sans passer d’abord par les grandes épreuves qui précèdent le retour du Christ ? Nous sommes déjà privilégiés de l’avoir parmi nous et d’avoir son Esprit sur nous. Guérir, réconforter, couronnes et parfums : la venue de Dieu fait jaillir en nous les sources du bonheur : elle n’a rien à voir avec la crainte ou l’ennui, si fréquents au cœur des pratiques religieuses.;



Lecteur: 1



Bible des peuples : Les commentaires du chapitre 60 valent pour celui-ci. Sous une autre forme, ce poème répète ce qui s’est dit de la future Jérusalem dans 4.2 et dans les chapitres 40—55. Jérusalem, la cité définitive des enfants de Dieu, l’épouse du Seigneur, est comblée de ses richesses et elle fait les délices de son Dieu. Pourquoi est-ce que Dieu nous rappelle si souvent ces merveilles qui ne se sont pas encore concrétisées ? — Pour que nous puissions continuer à espérer dans les épreuves et les jours sombres (c’est ainsi que Paul nous encourage : Romains 8.16). Et de même, quand tout marche bien et que nous sommes pleins d’espoirs terrestres, nous avons besoin qu’on nous rappelle ces perspectives pour nous détacher de tout cela : quelque chose de meilleur nous attend. — D’autre part, la Jérusalem céleste est déjà présente. Ceux qui sont entrés dans l’Église possèdent déjà les faveurs promises à David dont nous venons de parler : ce sont les dons de l’Esprit Saint (Actes 13.34). Dieu est à l’œuvre dans le monde par l’intermédiaire de son Église.;



Lecteur: 2



Bible des peuples : Le poème qui commence ici est d’une beauté sauvage. Édom, le peuple voisin, avait profité de la ruine de Jérusalem pour se joindre à ses destructeurs et prendre part au pillage. Il suffisait donc de mentionner ce nom pour provoquer un désir de vengeance de la part des Juifs. Les prophètes désiraient la ruine d’une nation dont le péché était si évident et qui pour eux n’avait aucune mission dans le plan de Dieu. Le poème imagine Dieu racontant sa victoire sur les païens. Les croyants qui lisent ce poème après le Christ l’interprètent au sens figuré : dans le héros qui délivre son peuple, ils voient le Christ couvert de son propre sang (voir Apocalypse 19.13). C’est la véritable victoire de Dieu et sa façon de rétablir la justice.;



Lecteur: 6



Bible des peuples : QUAND TOUT S’ÉCROULE
“Un tiers mourra de peste ou de famine, un autre par l’épée et je disperserai le reste à tous les vents ; je poursuivrai ces derniers et je déverserai ma colère sur eux”. C’est ainsi qu’Ézéchiel annonçait la destruction du peuple saint. Ces paroles ne s’appliquent-elles pas à bien des pays de vieille culture, à bien des institutions de notre Église ? Dans de nombreux pays l’Église a perdu son imposante façade : une majorité de pratiquants, un clergé fidèle et partout présent, la sécurité d’une foi indiscutée, l’obéissance de tous au centre, Rome. Tout cela semble en train de s’écrouler. Beaucoup espéraient que le renouvellement commencé au Concile donnerait de rapides résultats. Cependant, chaque jour ce qui semblait assurer l’avenir est en train de disparaître. D’autres paroles d’Ézéchiel nous viennent à l’esprit : “Je ne vous permettrai pas d’être un peuple comme les autres, mais je régnerai sur vous par la force. Je vous rassemblerai de parmi les peuples et je vous affronterai. Vous devrez vous soumettre à mon autorité.” Dieu ne serait-il pas en train de démanteler les constructions humaines que nous croyions être l’Église ? Bien entendu, quelque chose en survivra, un reste, comme dit Ézéchiel, c’est-à-dire ceux dont la foi a été purifiée par les épreuves et parmi lesquels l’Esprit agit plus librement. Ce que nous venons de dire suffit pour faire comprendre la valeur actuelle du livre d’Ézéchiel. Il a été le témoin de Dieu pendant les dernières années du royaume de Juda et, après la chute de Jérusalem, il s’est trouvé à Babylone avec les déportés. Nous serons certainement surpris par le langage qu’il attribue à Dieu, toujours en train de menacer, et qui semble se réjouir de la terrible situation de son peuple, comme si cela pouvait satisfaire sa rancœur et sa jalousie. Mais, est-il possible de parler d’amour sans évoquer jalousie et violence ? Nous trouvons aussi la jalousie et la violence quand Dieu vient conquérir les pécheurs. Le mari va chercher sa femme infidèle parmi ses amants et il la ramène de force. Les paroles excessives d’Ézéchiel ne doivent pas nous faire oublier d’autres pages bibliques où Dieu s’exprime avec tendresse. Mais nous ne devons pas non plus les oublier sous le prétexte que Dieu est un bon papa. Peut-être avons-nous fait personnellement l’expérience de la détresse du pécheur qui défie Dieu : le rôle d’Ézéchiel était de dénoncer toute l’amertume du péché et de crier la colère de Dieu.
;


Bible des peuples : LE LIVRE D’ÉZÉKIEL
Ézéchiel était sans doute un prêtre emmené jeune en Kaldée après le premier siège de Jérusalem en 598 (voir 2Rois 24.14). C’est là que Dieu l’appelle comme il nous le raconte lui-même (chapitres 1 et 2). La première partie de son livre (chapitres 1—24) contient les discours où il annonce la destruction totale de son pays. Après les prophéties contre les nations étrangères (chapitres 25—32), nous avons la troisième partie du livre, les promesses aux exilés (33-48) : Dieu ne permettra pas la mort de son peuple. Nous savons que certains peuples ont perdu toute identité pour avoir été déplacés, et que les immigrants oublient vite leur patrie quand ils trouvent du travail ailleurs. Le peuple juif aussi aurait pu disparaître après la crise au cours de laquelle Jérusalem fut détruite. Déportés à Babylone, dans un pays beaucoup plus riche, les plus vieux gardaient la nostalgie de leur patrie, tandis que les jeunes ne pensaient qu’à profiter de leur nouvelle situation. Mais Ézéchiel se consacrait à former la conscience de ceux qui, un jour, retourneraient en Judée pour reconstruire les ruines.
;



Lecteur: 8



Bible des peuples : Fils d’homme… Cette façon d’introduire les révélations que Dieu accorde au prophète est caractéristique du livre d’Ézékiel : on la retrouvera une quarantaine de fois. C’est sans doute un moyen de garder les distances. Les cieux ont été ouverts pour le prophète, mais aussi Dieu lui a fait sentir le poids de sa sainteté, et au moment même où il lui adresse cette parole que bien d’autres au long des siècles ont désirée sans l’entendre, il lui rappelle qu’il n’est que terrien. Cette expression fils d’homme, qui, selon l’esprit de la langue hébraïque, signifie tout simplement : un humain, quelqu’un, se lira également dans le livre de Daniel (Daniel 7.13) et c’est à ce dernier texte que Jésus fera allusion lorsqu’il s’appliquera ce titre : voir la note en Matthieu*9.6.;