Marathon de la Parole: 2020 - heure 24
De Isaie 50,1 à Isaie 60,22


Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...


Lecteur: 1



Bible des peuples : Ici encore on pourra reposer la question sur l’identité du serviteur. Nous avons vu que déjà en 42 et 49 ce serviteur devait désigner, pour le prophète, une minorité d’Israël (sans nier que le texte inspiré, l’Écriture relue à la lumière de l’événement Jésus, est toute orientée vers le Christ). Ici on peut noter que les mentions d’Israël et Jacob n’apparaissent plus, et par contre à plusieurs reprises le prophète s’adresse à ceux qui cherchent Dieu (51.1 ; 51.7 ; 50.10).;



Lecteur: 1



Bible des peuples : Alternance des poèmes qui affirment la nécessité d’une souffrance rédemptrice, tout particulièrement pour ceux que Dieu a choisis, et ceux qui parlent de certitude, de victoire, de joie. La joie n’est pas seulement pour après, Dieu l’a communiquée déjà à ses serviteurs dans le temps de l’attente et des échecs. On voit ici les mêmes contrastes que dans le discours après la Cène, et en 1Pierre 1.3-12. Lorsque Jésus ressuscité montrait à ses apôtres que toute l’Écriture parlait de lui, il voyait plus large que le dernier poème du Serviteur en 52.13.;



Lecteur: 3



Bible des peuples : Le poème 52.1-11 donne une place spéciale à la pureté que retrouvera Jérusalem : on ne parle pas du temple, mais on ramène les objets du culte (52.11).;



Lecteur: 5



Bible des peuples : Ce poème conclut les chants dans lesquels Isaïe s’adresse à Jérusalem : 49.14 ; 51.17). Dans une vision grandiose, Jérusalem devient le peuple de l’avenir, le peuple renaissant de ses ruines qui atteindra le royaume de la paix. Jérusalem est la ville idéale dont nous avons tous rêvé de temps à autre et que Dieu désire nous donner. Je t’avais abandonnée pour un court instant. C’est toute l’histoire de l’amour de Dieu pour nous : l’amour total de Dieu, notre infidélité, notre péché. Le prophète annonce la nouvelle Jérusalem, la bien-aimée de Yahvé qui ne sera plus jamais abandonnée. Nous savons que l’Église est déjà dans un sens très réel, ce nouveau peuple lié à Dieu par une alliance éternelle. Mais cela ne l’empêche pas d’être en même temps ce peuple de Dieu si infidèle dont la Bible détaille les fautes : communautés qui subsistent sans vraiment vivre ; institutions où parfois l’Esprit de Jésus semble absent ; dirigeants de l’Église serviles, parfois corrompus par l’argent… Dans un sens, la Nouvelle Jérusalem se trouve dans l’Église du Christ, mais il est aussi vrai de dire que nous continuons à l’attendre. Crie de joie, toi qui n’as pas enfanté. Le peuple juif s’est effondré à la suite de ses erreurs et, du point de vue humain, il n’a plus d’avenir. Mais cela convient à Dieu : maintenant que les moyens d’être grands leur manquent, il va se pencher sur eux. Il ne sera plus celui à qui on demande des faveurs, mais celui qui se donne lui-même : Tu auras comme époux ton créateur. Tous tes fils seront instruits par Yahvé. C’est la même annonce d’une nouvelle alliance que Jérémie avait proclamée (Jérémie 31.31). La foi devra toujours s’appuyer sur la parole de Dieu et se guider par ses commandements, mais l’essentiel du lien avec Dieu sera une communication d’esprit à esprit, une communion qui nous fait baigner dans la vérité unique. Il y a là un type de connaissance qui n’enseigne aucune vérité particulière, mais qui nous permet d’apprécier, de juger et d’ordonner toutes les vérités fragmentaires. C’est un instinct de Dieu. Cet instinct de Dieu nous fait découvrir en profondeur la personne du Christ à travers les témoignages toujours trop brefs de nos Écritures et, à partir de lui, il nous donne les secrets de la Bible (Jean 6.45). En méditant sur ces poèmes, nous comprenons mieux comment Dieu rend la virginité féconde. Ce n’est pas par hasard que Jésus est né d’une mère vierge. Sa naissance est venue donner une réponse à l’attente de “Jérusalem, la bien-aimée de Dieu” ; voir Isaïe 17.14.;



Lecteur: 6



Bible des peuples : Ce livre se termine par un appel à l’espoir.
- 55.1-3 : N’êtes-vous pas las de ce bonheur dont vous pensiez jouir à bon prix dans votre terre d’exil ? C’est Dieu qui donne, et il est toujours le premier à donner. Il attend seulement que nous lui ouvrions la porte. Jésus nous offrira le repos (Matthieu 11.28) ; il donnera le pain de vie (Jean 6) et il se donnera lui-même comme le véritable ami (Apocalypse 3.20).
- 55.4-5 : Une mission universelle attend Israël dans sa patrie, à son retour.
- 55.6-9 : Laissez-vous séduire par l’amour du Seigneur qui vous prépare plus que vous ne pouvez l’imaginer. Paul utilisera des paroles analogues dans sa lettre aux Romains 5.1-11.
- 55.10-11 : La parole de Dieu est agissante et comme douée de personnalité. Cette Parole est beaucoup plus que “les” paroles prononcées par les prophètes. Cette Parole qui vient de Dieu et retourne à lui entrera dans le monde, et ce sera Jésus. Jean nous la présentera dans le premier chapitre de son évangile. Voir aussi Isaïe 45.8.
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Lecteur: 6



Bible des peuples : Ce premier chapitre réaffirme ce que disait le Second Isaïe : le salut est tout proche. Mais il y a des délais dus aux péchés continuels.;



Lecteur: 8



Bible des peuples : À quoi nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas. Les gens de Juda ont jeûné pour que Dieu écoute leurs demandes : ils ont sans doute fait des prières publiques pour demander la pluie. Ils sont comme bien des gens d’aujourd’hui qui se plaignent : Est-ce qu’ils me recherchent comme une nation qui pratique la justice ? Tout en ayant la conscience tranquille, ils s’inquiètent du silence de Dieu. Peut-être ont-ils commis un péché sans le savoir ? Peut-être que Dieu aime voir des hommes humiliés implorer ses faveurs ? Alors, ils se couchent sur le sac et la cendre. S’agit-il seulement de courber la tête ? Dieu ne désire, ni la mort du pécheur, ni l’humiliation de sa créature. Dieu aime les hommes, mais il les aime tous et pas seulement les petits propriétaires de Juda qui ont peur pour leurs récoltes ; il aime aussi les ouvriers et les esclaves de ces petits propriétaires. Ce que Dieu exige est clair : défaire les chaînes injustes et partager avec tous. Défaire les liens du joug. Nous avons un aperçu de l’immense effort exigé des hommes pour en finir avec toutes les formes de servitude : depuis les petits privilèges que les compagnons de travail défendent les uns contre les autres jusqu’aux lois qui maintiennent des classes entières marginalisées. Rompre le joug de la domination du mari sur sa femme, les querelles entre voisins quand personne ne veut faire le premier pas. Défaire les liens du joug. Il n’est pas suffisant de se convertir intérieurement à Dieu. La conversion se produit en changeant à la fois les personnes et les structures : celles-ci nous font participer à l’injustice et au péché de la société dans laquelle nous nous trouvons. Un grand nombre de péchés — corruption, prostitution, violence — sont liés à la dépendance économique et culturelle. Tu partageras ton pain avec celui qui a faim : et cela, à l’échelle mondiale, car l’Homme est un, l’unique Adam dont le Christ est la tête. Ta lumière alors se lèvera dans les ténèbres. Les dirigeants des nations se réunissent et discutent, cherchant à résoudre les problèmes urgents de l’humanité. Mais tout le monde sait qu’habituellement les chercheurs n’arrivent pas directement aux grandes découvertes : ils trouvent souvent la solution brusquement là où ils ne s’y attendaient pas. Il en est de même pour les problèmes humains qui n’admettent pas de solutions théoriques, mais le jour où toutes les nations et tous les secteurs de la société accepteront de partager et d’éliminer le joug, des solutions inespérées se feront jour.;



Lecteur: 10



Bible des peuples : Le prophète regarde l’humble Jérusalem qui se relève à peine de ses ruines, et voici que la ville est transfigurée : c’est l’éclat de la future Jérusalem, comblée des richesses de Dieu, la cité bien-aimée du Seigneur. C’est là que se réaliseront tous les désirs d’une humanité purifiée et rassemblée dans la lumière divine (voir Apocalypse 21). Là, tous jouiront pleinement de tout ce qu’ils pouvaient désirer. Ces promesses doivent être et sont déjà réalisées de quelque façon dans le peuple du Christ. C’est dans l’Église que les vraies richesses de l’humanité : foi, compréhension, fraternité, doivent trouver leur vraie maison.;