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Jos 3,1

Commentaire: Le Jourdain n’a pas toujours été la frontière du pays d’Israël : selon les victoires ou les défaites Israël possédait des terres à l’est du Jourdain ou perdait celles qui se trouvaient à l’ouest. Cependant le Jourdain a toujours représenté la frontière de la Terre Promise pour le peuple de Dieu. C’est ainsi que nous voyons comment les tribus de Ruben et de Gad, déjà installées à l’est du fleuve, sont contraintes par Moïse, puis par Josué, de franchir le fleuve avec leurs frères : c’est à cette condition seulement qu’eux aussi seront regardés comme de vrais héritiers de la Terre Promise. Voilà pourquoi le passage du Jourdain derrière Josué a tenu une si grande importance dans la tradition juive comme dans la tradition chrétienne. Dans cette traversée, comme dans celle de la Mer Rouge, nous voyons que Dieu est le seul grand acteur de l’entrée en Terre Promise. C’est au moment où les porteurs de l’Arche, sur laquelle repose la Gloire de Yahvé, touchent les eaux du fleuve, que celles-ci cessent de couler. Et lorsque les porteurs remontent du fleuve, une fois que tout le monde est passé, les eaux reprennent leur cours. Ainsi Dieu, porté sur son Arche, ouvre et ferme la porte de la Terre Promise (Apocalypse 3.7). De même Jésus, nouvelle arche d’alliance en qui réside la plénitude de la divinité (Colossiens 2.9), descendra dans les eaux du Jourdain pour ouvrir aux hommes les portes de la nouvelle Terre Promise. Si nous reconnaissons dans le passage du Jourdain, comme dans la traversée de la Mer Rouge, un symbole du baptême, nous devons d’abord remarquer que ce récit nous donne une des clés principales du livre de Josué. Malgré les apparences, ce livre de l’Ancien Testament n’est pas un compte-rendu militaire des conquêtes de Josué ; il est un livre liturgique. Tout au long du livre Dieu est à l’œuvre : c’est lui qui ouvre la Terre Promise aux Israélites, c’est lui qui accorde ou retire ses bénédictions selon la fidélité ou l’infidélité de son peuple. Et lorsque le livre se terminera, nous verrons le peuple invité à une profession de foi solennelle (Josué 24). Chaque fois que l’Église nous invite comme Josué à renouveler notre profession de foi, que ce soit au baptême ou à la veillée pascale, nous reprenons une longue tradition du peuple des croyants.


Source: Bible des peuples