Marathon de la Parole: 2020 - heure 21
De Tobie 7,1 à Sagesse 2,24


Quelques commentaires et référence pour accompagner la méditation...


Lecteur: 6



Bible des peuples : Dieu donne souvent une récompense, déjà sur terre, à ceux qui sont fidèles à sa loi. Tobie se voit récompensé et il reprend l’invitation au partage que nous lisions au chapitre 4. L’aumône, le partage, libère de la mort, elle purifie de tout péché. Les mots qu’utilise Tobie sont propres d’une société qui ne ressemblait en rien à la nôtre et le partage aujourd’hui prend bien des formes lorsque les nations commencent à se rendre compte qu’elles ne sont qu’une seule humanité. Mais le partage reste une loi première : si aujourd’hui tant de personnes et de familles se trouvent en situation difficile, il n’est pas possible de rejeter toujours la faute sur “la société” : il faut aussi se demander si on a suffisamment su partager et attirer ainsi la bénédiction de Dieu. Les livres de sagesse le répéteront : l’homme injuste emprunte et ne rend pas, le juste donne largement et il a de quoi (Psaume 37(36).20-26).;



Lecteur: 9



Bible des peuples : Dieu nous est plus présent que nous ne le sommes à nous-mêmes. Pas besoin de courir à la recherche de la vraie sagesse : elle est Esprit venu de Dieu pour nous visiter. Mais, elle ne se révèle qu’aux justes. Comment exprimer la proximité du Dieu inaccessible et saint ? Ici, l’auteur parle de la Sagesse, de la Justice et de l’Esprit de Dieu. Il en parle comme s’il s’agissait de personnages du monde divin chargés de nous conduire. Dieu, tout en préservant son mystère, est près des hommes et des événements. Dieu n’a pas fait la mort, et la perte des vivants ne lui cause aucun plaisir. Sa création est bonne et elle est au service des hommes. La mort ne vient pas de Dieu (2.23-24), mais de la jalousie du diable, l’esprit du mal. Nous sommes invités à nous tourner vers Dieu avec confiance : penser du bien de lui implique rejeter toutes ces fausses questions : Pourquoi est-ce que Dieu permet le mal, la mort, les tragédies ? Dieu ne désire que la vie.;


Bible des peuples : Au cours des derniers siècles avant le Christ, la culture grecque, introduite par Alexandre, avait pénétré dans tous les pays du Moyen-Orient (voir introduction à Maccabées). Les Grecs avaient une nouvelle façon de concevoir la liberté individuelle, la noblesse d’esprit, l’intérêt pour la recherche scientifique, le sens de la beauté physique, etc. Les Juifs avaient dû s’ouvrir à cette nouvelle façon de penser : quand un peuple s’enferme dans sa culture nationale, sans voir au-delà, il finit par s’asphyxier. Leur culture était intimement liée aux paroles de Dieu reçues durant des siècles, mais la révélation de Dieu n’était pas terminée, et elle ne pouvait pas non plus s’enfermer dans les moules de la culture hébraïque. Le livre de la Sagesse est le premier grand effort fait par un Juif vivant dans le monde grec, pour exprimer la foi et la sagesse d’Israël, non seulement en grec, mais aussi sous une forme plus adaptée à la culture grecque. Ce livre cherche à répondre aux questions angoissantes posées par le mal, la souffrance et la mort ; il esquisse une preuve de l’existence de Dieu dont Paul s’inspirera ; il montre que la miséricorde de Dieu s’applique à tous les êtres sans exceptions. Le livre de la Sagesse a été écrit en Égypte entre 80 et 50 avant le Christ. On remarquera surtout les chapitres 3—5 qui parlent de la mort des justes et des martyrs, et qui affirme la foi en la résurrection des morts. Également l’hymne à la sagesse du chapitre 7.;



Lecteur: 9



Bible des peuples : Le chapitre qui suit ne traite pas le problème de l’immortalité de l’âme comme une question philosophique. On affirme qu’il y a une autre vie, parce que sans cela, la foi au Dieu de l’Alliance, un Dieu juste, ne peut pas se maintenir. Ce livre garde le souvenir de martyrs du temps des Maccabées qui ont donné leur vie pour défendre ce à quoi ils croyaient. Les “impies” dont il parle ne sont pas des païens, mais des Juifs apostats qui ont rejoint les païens et persécuté les fidèles (1Maccabées 3.8 ; 6.21 ; 9.73). Ceux qui sont prêts à risquer pour ce à quoi ils croient ne sont jamais que le petit nombre. Ceux qui ont une âme de témoins (en grec : martyrs) sont noyés au milieu de ceux qui savent s’accommoder de l’injustice et ne risquent jamais leur réputation, ou leur place, ou leur avenir. Pas de persécution ouverte contre les chrétiens vrais, mais dans n’importe quelle institution, leur présence dérange, car elle est un reproche pour ceux qui savent nager. Il est donc faux de dire que les livres grecs de la Bible sont allés chercher l’immortalité de l’âme chez les Grecs : ils ont seulement trouvé chez eux un vocabulaire qui leur permettait d’exprimer l’intuition de la foi. Le monde grec et ses philosophes dans leur ensemble ne croyaient pas à cette immortalité de la personne ; ce n’était qu’une espérance qui reparaissait de temps en temps. Platon, qui y croyait fermement, reconnaît que ses arguments ne sont pas absolument probants, et il se fie surtout à son intuition qui, dit-il, ne fait que reprendre des révélations anciennes. Chez Aristote par contre, comme chez beaucoup d’autres, au moment de la mort l’esprit va se perdre dans l’esprit universel et il n’est pas question que quelque chose reste de la personne qui a pensé, vécu et souffert. Jouissons des biens présents. Les impies, qui se sont libérés de la loi de Dieu et de leur conscience, ignorent la vraie vie. Ils ne savent donc que profiter de la vie. Voyons si ce qu’il dit est vrai. C’est exact qu’ils sont amis de la mort, car ils tuent et persécutent. Pour eux, c’est comme un jeu : ils ont besoin de détruire les autres pour se convaincre qu’ils sont les seuls à jouir de la vie. Si le juste est fils de Dieu, Dieu lui viendra en aide. Les paroles de 2.16-20 nous font penser, bien sûr, à Jésus sur la croix. Matthieu, en particulier, les rappellera en 27.43. Il ne vit pas comme les autres et son comportement est bizarre. À cette époque les Juifs étaient mal vus des païens parce qu’ils ne se mêlaient pas avec les autres et observaient leurs mille et une coutumes. Mais même si l’on cherche à ne pas se distinguer, le témoignage d’une vie où l’on est logique avec la foi surprend.;