Lecture d'un commentaire (1905)


Ac 19,6

Commentaire: Alors l’Esprit Saint vient sur eux (6). Voir Actes 8.14. Il ne faut pas oublier que le langage chrétien est encore hésitant en ces débuts. On sait que l’Esprit Saint est beaucoup plus que ces manifestations qui accompagnent l’imposition des mains. De là ces mots : Nous n’avons pas entendu dire “qu’il y ait Esprit Saint” ; d’autres textes disent : “qu’on reçoive l’Esprit Saint”. L’imposition des mains veut confirmer le changement opéré au baptême par une expérience des dons de l’Esprit ( 1Corinthiens 12.7). Bien des chrétiens aujourd’hui s’étonneront s’ils n’ont jamais eu cette expérience sensible de Dieu. Ne disons pas que cela n’est plus utile ou n’a plus lieu aujourd’hui. L’important, bien sûr, n’est pas de sentir mais de croire et de vivre sa foi. Mais l’expérience sensible faite à certains moments de notre vie est souvent le choc qui fait refleurir la foi : elle nous montre comment Dieu est proche, et comment déjà il est maître de nos réactions intimes. Peut-être nos tempéraments si rationalistes et notre vie d’Église, si défiante de tout ce qui est expression personnelle, sont-ils un éteignoir pour les dons de l’Esprit, — à moins que ce ne soit la pauvreté de notre engagement vis-à vis de Jésus. Ils se font baptiser au Nom du Seigneur Jésus. Faut-il penser qu’au début le baptême se faisait “au Nom de Jésus” et pas “au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit”. Ce n’est pas certain. Au Nom de signifie : par le pouvoir de ; il se peut que le baptême au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit se soit appelé “le baptême au Nom de Jésus” pour le distinguer du baptême de Jean et des baptêmes d’autres religions. Il est aussi possible qu’au moment de recevoir l’eau au nom de la Sainte Trinité, le baptisé ait eu à faire son invocation personnelle au Nom de Jésus. Mais il n’est pas impossible non plus que dans les premiers temps on ait baptisé au Nom de Jésus et que plus tard, l’Église ait modifié la formule pour se distinguer de groupes qui croyaient en Jésus mais sans le reconnaître comme le Fils de Dieu né du Père. Ce changement n’a rien pour nous étonner : l’Église des apôtres avait donné la première formule ; la même Église a donné la seconde formule attribuée à Jésus dans Matthieu 28.19.


Source: Bible des peuples